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Les ports, espaces de coopération

  • Photo du rédacteur: William EBANGA
    William EBANGA
  • 16 avr. 2025
  • 4 min de lecture

Les ports regroupent des acteurs juridiquement et financièrement indépendants, dans une logique de chaîne dont la compétitivité globale est tributaire de la performance de chaque entité. D’où la nécessité de s’organiser en communauté pour assurer la croissance de la place portuaire et, avec elle, le développement des entreprises impliquées dans les opérations de passage des marchandises.   

 

Les fonctions portuaires comprennent tous les métiers du port, autour des prestations à fournir au navire et à la marchandise, sous leurs aspects commerciaux, techniques et réglementaires. Certains font la distinction entre les activités directes, les activités indirectes, et les activités induites.


Vue d'un port
Vue d'un port

Les activités directes comprennent la gestion du port, ainsi que les services auxiliaires du navire ou de la marchandise, et les activités directes élargies des établissements publics et privés concernés partiellement par le trafic portuaire.

 

Les activités indirectes sont constituées des activités stimulées par la fonction portuaire, qu’elles soient implantées dans la zone portuaire ou près d’elle, ou qu’elles fassent transiter leurs marchandises par le port sans y être implantées. Dans le premier cas, il s’agit des industries utilisatrices ou expéditrices des matières premières ou des produits finis transitant par le port.


Dans le second cas, les acteurs des trafics peuvent être plus ou moins distants du port. La production indirecte comprend aussi les fournisseurs et sous-traitants de la fonction portuaire ou des établissements industriels de la zone, parmi lesquels divers services aux entreprises.

 

Quant aux activités induites, elles sont, par leur nature, sans lien avec le port, mais dont l’emploi et le chiffre d’affaires sont stimulés par la présence des fonctions portuaires et des fonctions de production indirecte.


La place portuaire est une entité regroupant des entreprises juridiquement et financièrement indépendantes, opérateurs de flux physiques ou informationnels (autorités portuaires, douanes, armateurs, transitaires, courtiers, manutentionnaires, auxiliaires de transports, etc.). Elle contribue, par ses activités, à la construction d’un sous-processus s’insérant dans la chaîne de valeur des chargeurs dont les produits transitent par la place portuaire. La communauté portuaire ainsi constituée s’apparente alors à un réseau dont les différentes parties prenantes, juridiquement indépendantes, multiplient les accords de coopération formels et informels pour accroître la performance. Au regard de ce contexte, Patrick Le Mestre de l’Université de Nantes en France, fait observer que : « Les ports maritimes constituent une illustration de ces situations où il n’y a pas de coopération possible si le comportement des parties n’est orienté que vers l’intérêt personnel. Cette coopération doit alors s’articuler autour d’objectifs communs clairement identifiés et hiérarchisés, afin de canaliser et d’orienter le comportement de l’ensemble des acteurs de l’organisation ».




C’est dans cette logique que se situent les activités de Port-Synthèse, l’association qui regroupe les acteurs de la Communauté Portuaire du Cameroun. Ceux-ci bénéficient, à travers cette structure, d’un cadre de coopération, d’échanges et de dialogue pour viser les trois niveaux d’objectifs généralement assignés aux ports maritimes et que nous rappelons brièvement.


  • Il s’agit d’abord de maximiser le volume de trafic. Cet objectif égocentrique, établi au niveau de la communauté portuaire, se situe à un niveau micro-économique et place le port dans une logique d’affrontement concurrentiel l’opposant aux autres ports desservant le même arrière ou avant-pays. A titre d’illustration, Port-Synthèse a particulièrement fait face à cette situation avec acuité au « Forum Economique du Cinquantenaire du Tchad » en janvier 2011, et lors des « Journées du Chargeur Tchadien » à N’Djamena en juillet 2024. Au cours de ces rencontres, plus de 15 pays portuaires, de l’Algérie en Afrique du Nord à l’Angola quasiment à la limite de l’Afrique Australe, se sont déployés pour conquérir le trafic de ce pays sans littoral, dans une logique d’affrontement concurrentiel, défiant les ports du Cameroun spatialement les plus proches du Tchad.  


  • Ensuite, le port demeure un centre de production de services, et souvent de biens, qui a une influence sur l’économie locale, régionale et nationale en termes de création d’emplois, de valeur ajoutée, ou de revenus. Ces objectifs de niveau macro-économique répondent à des préoccupations relatives au développement économique et à l’aménagement du territoire. Port-Synthèse est également très actif dans ce domaine en répondant à diverses sollicitations du Gouvernement, comme ce fut le cas au Comice Agro-Pastoral d’Ebolowa en janvier 2011, ou encore l’organisation des sessions du « Forum Tripartite Cameroun-RCA-Tchad sur le transit des marchandises par les ports du Cameroun » qui se tiennent depuis 2012, et dont le Port Autonome de Kribi (PAK) a abrité la 4ème édition en janvier 2024.

 

  • Enfin, l’émergence du concept de supply chain oblige à considérer le port comme un des maillons d’une chaîne de transport qui permet le déplacement d’une marchandise d’un point d’origine vers un point de destination. Il doit alors s’efforcer, dans l’intérêt des expéditeurs ou des destinataires, de minimiser les coûts et les temps de passage de la marchandise, et ainsi contribuer à l’optimisation de l’ensemble de la chaîne. C’est dans cet esprit que le Port Autonome de Douala a créé, depuis 2016, des Représentations en République Centrafricaine (RCA) et au Tchad, qui, dans leurs missions, représentent l’ensemble de la Communauté Portuaire du Cameroun, afin de concourir à la réduction des coûts et des délais de transit des cargaisons vers l’hinterland.  


Il apparaît donc clairement que les ports sont des espaces de coopération par excellence, un maillon essentiel de la chaîne de transport international des marchandises, dont l’efficacité peut être remise en cause par le maillon le plus faible.


 
 
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