Les ports africains, moteurs d'une nouvelle ère : Le cas de la Mauritanie
- William EBANGA
- 17 avr. 2025
- 2 min de lecture
Mauritanie : un port, une ambition africaine

Tandis que les grands ports africains attirent les projecteurs, de plus petites nations côtières comme la Mauritanie démontrent que la modernisation portuaire est un enjeu majeur pour tous les pays du continent, quels que soient leur taille ou leurs ressources initiales.
Les ports africains, longtemps considérés comme de simples interfaces entre le continent et le reste du monde, sont en train de se révéler comme des leviers essentiels pour le développement économique et l'intégration régionale. Cette prise de conscience s'est considérablement accrue ces dernières années, et les pays africains investissent massivement dans la modernisation et l'extension de leurs infrastructures portuaires.
Ce changement de paradigme s'explique par plusieurs facteurs. Tout d'abord, la mondialisation croissante des échanges et l'essor des économies africaines ont mis en évidence l'importance cruciale des ports dans les chaînes logistiques mondiales. Ensuite, l'emplacement géographique stratégique de nombreux ports africains, notamment le long des principales routes maritimes reliant l'Asie et l'Europe, offre des opportunités uniques pour développer le commerce intra-africain et attirer les investissements étrangers directs.
Les ambitions des pays africains en matière de développement portuaire vont bien au-delà de la simple amélioration des capacités de traitement des navires. Les ports sont désormais envisagés comme de véritables plateformes logistiques intégrées, offrant une gamme complète de services à valeur ajoutée, tels que le stockage, la distribution, la transformation et la finance. Cette vision s'inscrit dans une perspective plus large de développement économique durable, visant à créer des emplois, à favoriser l'industrialisation et à renforcer la compétitivité des économies africaines.
Pour concrétiser ces ambitions, les gouvernements africains, soutenus par les institutions financières internationales, investissent massivement dans la modernisation de leurs ports. De nombreux projets sont en cours, visant à améliorer les infrastructures, à raccourcir les délais de dédouanement et à faciliter les échanges commerciaux. Le port de Tanger Med au Maroc, qui a connu un développement fulgurant grâce à des investissements massifs et à une politique de partenariats public-privé ambitieuse, est un exemple emblématique de cette dynamique.
Mais cette transformation ne se limite pas aux grands ports. Même des pays comme la Mauritanie, dont le port de Nouakchott n'était pas initialement considéré comme un hub majeur, s'engagent dans une profonde modernisation. Grâce à des programmes de formation comme celui de TrainForTrade de la CNUCED, les personnels portuaires mauritaniens acquièrent les compétences nécessaires pour gérer des infrastructures plus modernes et plus efficaces. Cette dynamique témoigne d'une volonté politique de faire des ports un moteur de développement, même dans des contextes moins favorables.
Si les perspectives sont prometteuses, les défis restent nombreux. Les infrastructures portuaires africaines sont souvent vieillissantes et sous-dimensionnées. Les procédures administratives sont complexes et coûteuses, et la corruption reste un problème récurrent. De plus, la coordination entre les différents acteurs de la chaîne logistique est souvent lacunaire.
Les ports africains sont en train de se positionner comme des atouts stratégiques pour le développement du continent. En investissant dans la modernisation de leurs infrastructures, en renforçant les capacités de leurs personnels et en favorisant la coopération régionale, les pays africains peuvent transformer leurs ports en véritables moteurs de croissance économique et d'intégration régionale.
Source : unctad.org



