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Tanger Med explose les compteurs. Et les autres ports africains ?

  • Photo du rédacteur: William EBANGA
    William EBANGA
  • 2 mai 2025
  • 2 min de lecture

Tanger Med vient de frapper fort. En 2024, le port marocain a franchi la barre impressionnante de 10,24 millions de conteneurs EVP, avec une progression de près de 19 % en une seule année. En matière de trafic global, on parle de 142 millions de tonnes. Pas besoin de fioritures : Tanger Med n’est plus simplement un port africain performant. Il est devenu un hub logistique de classe mondiale, une machine bien huilée qui attire les flux, les investisseurs et les regards des grandes puissances économiques.


Là-bas, une vision. Ailleurs, des silos.


Pendant ce temps, sur le reste du continent, de nombreux ports continuent à fonctionner comme s’ils étaient en dehors de l’histoire. Des équipements vétustes, des procédures manuelles interminables, une absence de coopération entre les acteurs, et surtout… un égoïsme institutionnalisé. Chacun y va de sa stratégie, de ses intérêts immédiats, sans vision d’ensemble. Les opérateurs se regardent en chiens de faïence, les autorités gèrent les urgences au lieu de construire l’avenir, et les communautés portuaires restent fragmentées, cloisonnées, sans âme commune.


C’est là toute la différence. Tanger Med, ce n’est pas qu’une histoire de béton, de grues géantes ou de terminaux dernier cri. C’est une démonstration de ce que devient un port quand la vision l’emporte sur les querelles, quand le leadership fédère au lieu de diviser.


Un miroir cruel pour les ambitions portuaires africaines


Ce port crée de la valeur à tous les niveaux. En 2024, c’est 174 milliards de dirhams de volume d’affaires générés dans la zone industrielle liée, des dizaines de milliers d’emplois créés, et surtout une crédibilité solide qui attire les géants du commerce mondial. Il ne s’agit plus de se battre pour exister, mais d’imposer son rythme au reste du jeu.


Alors, la vraie question est là : qu’attendons-nous ? Pourquoi autant de ports africains restent-ils accrochés à des pratiques d’un autre âge, refusant de s’organiser en écosystèmes cohérents ? Pourquoi si peu d’investissements dans la collaboration, la formation, la digitalisation, et surtout, dans la conscience collective que sans union, aucune ambition ne tient la mer ?


Il ne s’agit pas de copier Tanger Med comme un modèle figé, mais de comprendre ce que produit une volonté partagée. À l’heure où la ZLECAf promet de redessiner les flux commerciaux du continent, il serait suicidaire de rester en retrait pendant que d’autres tracent des autoroutes maritimes vers le futur.


Et maintenant ?


Tanger Med nous tend un miroir. Il reflète ce que nous pourrions être, si nous acceptions de travailler ensemble, sérieusement, durablement.


Alors, qui est prêt à faire face à ce reflet ?


 
 
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